Affaire Vincent Lambert

Le dénouement est proche dans l'affaire Lambert, et il s'agit de la mort annoncée de monsieur Lambert, qu'il faudra provoquer puisqu'il n'est pas en fin de vie, et imposer à une partie de sa famille qui s'y oppose.
 
Philippe Petit défend la position de l'UNAFTC depuis le début de cette affaire.
Ci-dessous le cri d'alarme qu'il a déposé sur le site de présidence de la République ce jour :
Tous ceux qui se reconnaissent dans la position défendue par l'UNAFTC depuis plus de 5 ans peuvent en faire autant. Il suffit de déposer un message sur ce site: https://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/  indiquant qu'ils demandent au président de ne pas laisser mourir une personne vulnérable, en désaccord avec une partie de sa famille, créant ainsi une catégorie de personnes handicapées qui ne méritent pas de vivre.
Après ce week-end, il sera probablement trop tard.
 

Monsieur le Président, au secours !

Alors que M Lambert n'est pas en fin de vie, son médecin va mettre fin à son existence, dans le cadre d'une procédure qui s'inscrit dans un angle mort de la loi actuelle.
En effet, il s'agit d'interrompre la nutrition et l'hydratation artificielles d'une personne en état dit végétatif chronique, en désaccord avec une partie de sa famille, sans qu'elle puisse exprimer sa volonté, et en l'absence de directives anticipées formalisées ou de désignation d'une personne de confiance.
Je suis le père d'une des quelques 1700 personnes en situation comparable, et cela nous terrifie.
Vous qui êtes épris d'humanisme et de philosophie ne pouvez pas admettre que cette question du sens d'une vie se réduise au respect d'une procédure, fût-elle légale.
Le comité consultatif national d'éthique a écrit au Conseil d'Etat dans l'affaire Lambert qu'une telle décision ne pouvait pas appartenir au seul médecin, mais devrait s'inscrire dans le cadre d'une véritable délibération collective.
C'est la position que nous portons en demandant que la loi soit précisée sur ce point pour les situations, heureusement rares, comme celle de M Lambert.
Malheureusement cette position est inaudible, occultée, malgré nos efforts, par le combat idéologique entre les pro-euthanasie et les pro-vie.
Aujourd'hui une digue est en train de sauter, si on peut mettre fin sans leur consentement à la vie de personnes qui ne sont pas en fin de vie.
Il y a déjà une dérive sémantique qui fait dire à certains que les personnes en état végétatif chronique ou pauci-relationnel ne sont pas des personnes handicapées.
Dans ce cas que sont-elles ?
Elles confrontent notre société à une forme extrême de vulnérabilité.
Si on les considère comme des vies inutiles, elle y perdra son humanité.

Monsieur le président je suis médecin et engagé dans le mouvement associatif des familles de cérébrolésés, mais ce message est le cri d'un père et d'un citoyen.
Vous êtes le dernier rempart pour garantir le respect des valeurs, et pas seulement de la loi, qui nous font appartenir la même société.

très respectueusement
Philippe Petit

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